Text: Dante Gabriel Rossetti, Willow-wood, sonnets 49, 50 & 52 from The House of Life, translated by Pierre Louÿs
Orchestration: 3·2·EH·3[BsCl]·2 / 2·2·0·0 / Timp / 2 Perc / Cel / Hp / Strings (min. 12·10·8·8·4) with baritone voice
Duration: approx. 11'30"
Completed and orchestrated by: Robert Orledge · November 2020
- American Première: 24 April 2013 · Andrew McLaughlin (baritone), Maryland University Repertoire Orchestra, cond. John Devlin
Robert Orledge on La Saulaie
After dedicating the proofs and a copy of the deluxe edition of La Damoiselle élue to his friend Pierre Louÿs in July 1893, the two collaborated on various theatrical projects over the next few years, including Daphnis et Chloé, Cendrelune (Cinderella), La Saulaie and Aphrodite. Perhaps because of Debussy's fascination with the English Pre-Raphaelite movement, La Saulaie was the only project that led to any music. Although Debussy had Pierre Louÿs's French translation of Rossetti's Willow-wood, sonnets 49, 50 and 52 from The House of Life, by the summer of 1896, he waited until he had finished the orchestral Nocturnes before he began sketching La Saulaie in December 1899–January 1900. It was originally intended for the high baritone M. Demest and the Concerts Colonne in February 1897, but although the project "haunted" Debussy and was to contain his "latest experiments in musical chemistry", only three pages of sketches (numbered 2–4) have survived.
These contain 32 bars in continuous and detailed short score with three main musical sections that can recur or be varied quite naturally during the rest of the poem. The first includes themes that I have scored for clarinet, then cor anglais; the second is extremely sparse, on woodwind and harp; the third develops the undulating string triplets that first appeared with the falling clarinet melody in section one. This theme clearly anticipates the main lyrical theme of the Clarinet Rhapsody, so I used this as a fourth idea, but in a preliminary expansion created in mid-1909 as a leitmotif for the ailing Lady Madeline in Debussy's Poe opera The Fall of the House of Usher. I also had to add some linking material, climaxes, and an introduction in place of the missing sketch page 1, which returns briefly at the end to round off the cantata.
La Saulaie is an extremely atmospheric, evocative and, dare I say it, beautiful work about the troubling concept of ideal, inaccessible love. The same sonnets were also set by the English composer Vaughan Williams in 1908–09, and again he chose a baritone as his narrator. As Debussy advertised La Saulaie on the rear cover of the first Fromont edition of his Nocturnes in 1900, together with the song cycle Nuits blanches, which he also never finished, one can only surmise that adapting and orchestrating Pelléas et Mélisande for its stage première in April 1902 left little time or creative energy for anything else.
— Robert Orledge, Brighton, November 2020
Après avoir dédié les épreuves et l'édition de luxe de La Damoiselle élue à son ami Pierre Louÿs en juillet 1893, les deux amis ont collaboré à divers projets théâtraux pendant les quelques années suivantes, y compris Daphnis et Chloé, Cendrelune (Cendrillon), La Saulaie et Aphrodite. Peut-être à cause de la fascination de Debussy pour le mouvement anglais pré-raphaélite, La Saulaie est le seul de ces projets qui a laissé une trace musicale. Bien que Debussy ait eu la traduction française de Louÿs de Willow-wood de Rossetti, sonnets 49, 50 et 52 du House of Life, dès l'été 1896, il a attendu d'avoir achevé les Nocturnes orchestrales pour commencer à esquisser La Saulaie en décembre 1899–janvier 1900. L'œuvre était initialement conçue pour le baryton-martin M. Demest et les Concerts Colonne en février 1897, mais bien que le projet « l'ait hanté » et que la musique devait contenir ses plus récentes « expériences dans la chimie musicale », seulement trois pages d'esquisses (numérotées 2–4) ont survécu jusqu'à nos jours.
Ces esquisses contiennent 32 mesures dans une partition continue et détaillée avec trois séquences musicales principales qui pourraient être reprises ou variées naturellement pendant le reste du poème. La première séquence contient des thèmes que j'ai mis à la clarinette, puis au cor anglais. La deuxième est extrêmement éparse, avec la harpe et les bois. La troisième séquence développe les triolets ondulants aux cordes qui avaient été exposés avec le thème descendant à la clarinette dans la première séquence. Ce thème anticipe clairement le thème lyrique principal de la Première Rapsodie pour Clarinette, et j'ai ainsi utilisé une quatrième idée — mais dans une expansion initiale créée en mi-1909 pour servir de leitmotif pour la maladive Lady Madeline dans l'opéra de Debussy inspiré par Poe, La Chute de la Maison Usher. J'ai dû également ajouter quelques passages de transition, des climax et une introduction pour remplacer la page 1 manquante des esquisses, passage qui revient brièvement à la fin pour clore cette cantate.
La Saulaie est une cantate atmosphérique, évocatrice et, selon mon estimation, une belle œuvre qui traite la notion troublante d'un amour idéal et inaccessible. Ces mêmes sonnets ont également été mis en musique par le compositeur anglais Vaughan Williams en 1908–09, qui a lui aussi choisi une voix de baryton pour son protagoniste. Debussy a annoncé La Saulaie sur la couverture verso de la première édition chez Fromont de ses Nocturnes en 1900, avec le cycle de mélodies Nuits blanches, une autre œuvre que Debussy a laissée inachevée. On ne peut que conjecturer que l'adaptation et l'orchestration de Pelléas et Mélisande pour sa création en avril 1902 n'ont laissé à Debussy ni le temps ni l'énergie pour terminer d'autres projets.
— Robert Orledge, Brighton, novembre 2020
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