Biography in English
Ange Flégier (1846–1927) was born in Marseilles (France) and admitted to the Conservatoire in Paris in 1866, studying composition with Ambroise Thomas. His first success was the mélodie Stances, written to a text by his friend Ferdinand Loviot. In 1869, Flégier was among the six finalists of the Prix de Rome competition with the cantata Francesca da Rimini. Starting in 1870, he worked as a music critic for the daily paper Le Petit Marseillais and began to have his works published, mostly by small firms. He had to wait for the formidable success of his mélodie Le Cor before he could begin to make a comfortable living from his music. Included in Flégier’s oeuvre, which contains about 350 entries, are about one hundred piano solos and nearly 120 mélodies, many of which he orchestrated. Flégier’s song oeuvre is quite similar to that of Henri Duparc in that the piano is treated as if it were a full orchestra. Some of the songs require a large range and great vocal prowess, encompassing two octaves with nuances from pianississimo to fortissimo.
The Opéra in Marseille premiered Fatma, his only one-act opéra-comique. From 1877 to 1884, he again worked as a musical critic, this time for Le Journal de Marseille. Among his works, important premières included Ossian, a poème lyrique for soloists, chorus and orchestra; Scènes antiques, an orchestral suite; the Fantaisie-ballet, a divertissement chorégraphique; the unusual Trio for clarinet, bassoon and oboe; Naenia, an adaptation symphonique for narrator, cello, violin, horns and piano; and the first-ever Dixtuor for flute, oboe, clarinet, bassoon, horn and string quintet, which received the Prix Chartier of the Académie des Beaux-Arts. The word dixtuor, Flégier’s invention, entered the Larousse dictionary of the French language the following year. In 1900, his Concerto in F major for piano and orchestra was premiered in Paris, and several works were performed by the official orchestra of the Exposition Universelle. The Opéra in Marseilles later premiered his Grognards et Poilus, an opera in one act and three scenes.
Beginning in the 1890s, Flégier also devoted himself to his two other interests, visual arts and poetry. He created about one hundred watercolours and drawings, donating several to the Saint-Saëns Museum in Dieppe, the Digne Museum, and the Ziem Museum in Martigues, of which he was one of the co-founders. He compiled a volume of poetry and memoirs entitled A travers la vie as well as a collection of tales and poetry in the Provençal language entitled Per dire ooun cabanoun. In 1902, Flégier was awarded the Prix Chartier for the totality of his chamber music works. Already decorated with the Palmes Académiques in 1884, he was awarded the title of Chevalier of the Légion d’Honneur by the edict of July 19, 1903.
On October 8, 1927, Ange Flégier passed away at the age of 81. “Many of his songs, beautifully inspired and crafted, obtained great and deserved success,” insisted Le Figaro shortly after his death. The critic Fernand Guy wrote: “Musical experts appreciate Flégier as a strong composer whose talent is especially varied and abundant.”
This project originated with the recording Ange Flégier: Mélodies for Bass Voice and Piano with American bass Jared Schwartz and pianist Mary Dibbern, released in September 2016 by Toccata Classics (London). They located out-of-print scores of songs especially suited to bass voice and collaborated with us on the editing process.
Text by Hervé Oléon, translated from the French by Mary Dibbern
Biographie en Français
Ange Flégier (1846–1927) est né à Marseille et fut admis au Conservatoire à Paris en 1866 dans les classes de composition d’Ambroise Thomas. Son premier succès est la mélodie Stances, écrite sur le texte de son ami Ferdinand Loviot. En 1869, Flégier compta parmi les six finalistes du concours du Prix de Rome, avec la cantate Francesca da Rimini. À partir de 1870, il exerça comme critique musical pour le quotidien Le Petit Marseillais et publia ses premières œuvres, d’abord chez de petits éditeurs. Il dut attendre le formidable succès de sa mélodie Le Cor pour commencer à vivre convenablement de sa musique. Parmi l’œuvre de Flégier, dont le catalogue totalise près de 350 entrées, on peut compter une centaine de pièces pour piano et près de 120 mélodies, dont beaucoup ont été orchestrées par leur auteur. L’œuvre mélodique de Flégier est assez semblable à celle d’Henri Duparc, y traitant le piano comme s’il s’agissait d’un orchestre entier. L’interprétation de certaines de ses mélodies requièrent une voix étendue et puissante, permettant d’évoluer sur deux octaves, du pianississimo au fortissimo.
L’opéra de Marseille créa son seul opéra-comique en un acte, Fatma. De 1877 à 1884, on le retrouve critique musical, cette fois pour Le Journal de Marseille. Parmi ses œuvres, citons Ossian, poème lyrique pour soli, chœur et orchestre ; les Scènes antiques, suite d’orchestre ; la Fantaisie-ballet, divertissement chorégraphique ; l’atypique Trio pour clarinette, basson et hautbois ; Naenia, adaptation symphonique pour récitante, violoncelle, violon, cors et piano ; le Dixtuor, forme inédite, pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et quintette à cordes, qui fut couronné par le Prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts. Le mot même de dixtuor, fruit de l’imagination néologique de Flégier, fut introduit dans le dictionnaire Larousse l’année suivante. En 1900, son Concerto pour piano et orchestre en Fa majeur fut créé à Paris. Plusieurs de ses œuvres furent interprétées par l’orchestre officiel de l’Exposition Universelle de Paris en 1900. L’opéra de Marseille assura la création de Grognards et Poilus, opéra en un acte et trois tableaux.
À partir des années 1890, Flégier se consacra également avec assiduité à ses deux autres passions, les arts graphiques et l’écriture poétique. Il réalisa près d’une centaine d’aquarelles et dessins et fit don de plusieurs de ses œuvres au Musée Saint-Saëns à Dieppe, au Musée de Digne, ainsi qu’au Musée Ziem à Martigues, dont il est l’un des co-fondateurs. Il compilera un recueil de poèmes et souvenirs intitulé A travers la vie ainsi qu’un recueil de contes et poèmes en langue provençale intitulé Per dire ooun cabanoun. En 1902, Flégier fut récompensé par le Prix Chartier pour l’ensemble de son œuvre de musique de chambre. Déjà décoré des Palmes Académiques en 1884, il fut honoré du titre de Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 19 juillet 1903.
Le 8 octobre 1927, Ange Flégier rendit son dernier soupir à l’âge de 81 ans. « Beaucoup de ses morceaux de chant, d’une facture soignée et d’une heureuse inspiration, ont obtenu un grand et mérité succès », soulignera Le Figaro du 9 octobre 1927. Comme le rappelait Fernand Guy peu après la disparition du compositeur : « les érudits de Musique apprécient en Flégier un compositeur puissant dont le talent est particulièrement varié et abondant. »
Ce projet a été initié par Jared Schwartz, basse américaine, et la pianiste Mary Dibbern, à l’occasion de l’enregistrement Ange Flégier : Mélodies for Bass Voice and Piano, disponible depuis septembre 2016 chez Toccata Classics (Londres).
Texte en français d’Hervé Oléon


























































