Performed by Nicolas Horvath (piano version) · Also available as an orchestral suite
Robert Orledge on Le Roi Lear
Debussy planned to write seven pieces of incidental music for André Antoine's production of Shakespeare's King Lear in 1904, at the time of his elopement to Jersey with Emma Bardac. The commission was arranged through Debussy's friend René Peter, who knew Antoine well, and Debussy gained extra time to compose when Antoine's production was delayed by the phenomenal success of Oiseaux de passage (Birds of Passage) by Maurice Donnay and Lucien Descaves. Even so, Debussy was discouraged from finishing his score by Antoine's unwillingness to provide the "30 musiciens" Debussy required to avoid "a feeble little sound like fleas rubbing their legs together!"
In the event, Debussy only completed one full fanfare and Le Sommeil de Lear (published in a transcription by Roger-Ducasse in 1926), but he left sketches for the opening of a Prélude (dated "July 1908"), most of a second fanfare (with four solo timpani), and the opening of a beautiful threnody for the death of Cordelia in Act V Scene 3. When Antoine's production finally opened at the Théâtre Antoine on 5 December 1904 (using the translation by Pierre Loti and Émile Vedel), Antoine used an existing score by Edmond Missa. Despite the success of that production — 60 performances through to 15 July 1905 — Debussy would have gained artistic rather than financial satisfaction had he finished his score in time, as Antoine lost 3,000 francs on the season due to reduced ticket prices and lavish productions.
Nevertheless, Debussy remained attracted by the idea of expressing Shakespeare's text through music and was still intending to make a separate orchestral suite for Le Roi Lear in 1907–8 for the Concerts Colonne. So I thought that I would help him, beginning by adding a binary second half to La Mort de Cordélia and completing Debussy's Prélude and second fanfare. Then in 2019–20 I carefully added the remaining movements, unifying them as far as possible with the material Debussy left (compare nos. 2 and 7) and using his distinctive 1904 harmonic style, which is also evident in L'Isle joyeuse and Masques. The final result was a fifteen-minute suite for orchestra, which I also arranged for piano and which I hope pianists will find attractive, worthwhile, and even Debussyan.
— Robert Orledge
Debussy a eu le projet d'écrire sept pièces de musique de scène pour la production d'André Antoine du Roi Lear de Shakespeare en 1904, à la même époque de son départ clandestin à Jersey avec Emma Bardac. Cette commande a été arrangée par René Peter, un ami de Debussy proche d'Antoine. Debussy a gagné un délai supplémentaire pour la composition lorsque la production d'Antoine a été retardée par l'immense succès de la pièce Oiseaux de passage de Maurice Donnay et Lucien Descaves. Malgré cela, Debussy a été démotivé pour terminer sa partition par le refus d'Antoine d'engager les "30 musiciens" que Debussy estimait nécessaires pour éviter "un pauvre petit bruit de mouches se frottant les pattes !"
Finalement, Debussy n'a écrit qu'une fanfare complète et Le Sommeil de Lear (publié dans une transcription par Roger-Ducasse en 1926), mais il a laissé des esquisses pour le début d'un Prélude (daté "juillet 1908"), la majeure partie d'une deuxième fanfare (avec quatre timbales solistes) et le début d'une belle thrène pour la mort de Cordélia à l'acte V scène 3. Lorsque la production d'Antoine a finalement été créée au Théâtre Antoine le 5 décembre 1904 (dans la traduction de Pierre Loti et Émile Vedel), Antoine a utilisé une partition existante d'Edmond Missa. Malgré le succès de cette production avec 60 représentations jusqu'au 15 juillet 1905, Debussy aurait obtenu une satisfaction artistique plutôt que financière s'il avait terminé sa partition à temps : Antoine avait en effet perdu 3 000 francs sur sa saison, en raison des prix des places réduits et des productions luxueuses.
Néanmoins, Debussy restait attiré par l'idée d'exprimer le texte de Shakespeare à travers la musique et avait toujours le projet de faire une suite orchestrale pour Le Roi Lear en 1907–8 pour les Concerts Colonne. J'ai donc décidé de lui apporter mon aide, en commençant par l'addition d'une reprise binaire pour compléter La Mort de Cordélia, et en terminant le Prélude de Debussy et la deuxième fanfare. Finalement, en 2019–20, j'ai ajouté les mouvements restants, en essayant de les unifier autant que possible avec les esquisses que Debussy a laissées (comparez les numéros 2 et 7) et en utilisant son style harmonique distinctif de 1904, semblable à celui de L'Isle joyeuse et de Masques. Le résultat final est une suite de quinze minutes pour orchestre, que j'ai également arrangée pour piano et qui, je l'espère, plaira aux pianistes par son attrait, sa valeur musicale, et même son caractère debussyste.
— Robert Orledge
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